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Entreprendre quand on est jeune

By 11 février 2020 mars 2nd, 2020 No Comments

S’il n’y a pas d’âge pour entreprendre, entreprendre sans une très grande expérience de la vie et du travail peut s’avérer compliqué, mais pas impossible. O’Petits Soins en est la preuve.

 

Les trois fondateurs de O’Petits Soins ont moins de 30 ans. C’est à la mi-temps de leur vingtaine qu’ils ont fait naître l’entreprise, après pour deux d’entre eux, quelques années dans l’industrie du nettoyage.

Il faut avoir l’âme aventureuse, savoir prendre des risques, encaisser les coups, faire profiter les autres de son travail, ne pas avoir peur des lendemains, ni de travailler, beaucoup, beaucoup plus que les autres. Une entreprise, au sens littéral, c’est une action, que l’on a commencé. Toute entreprise débute donc par une décision, celle, parfois vertigineuse, de se lancer. Et se lancer, quand on est jeune et avec une expérience par définition limitée, c’est une décision qui implique un certain nombre de défis, mais aussi des avantages indéniables.

Le premier des défis, c’est le manque d’expérience, mais ce manque d’expérience, il peut largement être rattrapé par le travail. Ce n’est un secret pour personne : entreprendre, c’est avant tout travailler beaucoup, sans aucune garantie. Et c’est cette absence de garantie qui peut être un frein pour des jeunes. N’en déplaise à la formule de Churchill, “je ne perds jamais, j’apprends”, il est possible de perdre beaucoup lorsqu’on entreprend : temps, capital, vie sociale, amoureuse… Des paramètres qui sont souvent moins cruciaux quand on est jeune : sans vie de famille, avec un capital moindre, et une vie sociale et amoureuse plus plastique, la pression serait moins importante.

Quand on est jeune, on a moins de contraintes extérieures, et donc plus de temps. C’est mathématique, et tous les grands entrepreneurs le disent : le temps est la matière première la plus précieuse dans une entreprise. Les journées ne font que 24 heures, et tout le monde ne peut pas rogner sur son temps de sommeil, ou sur ses loisirs. 

Quand on est jeune, l’investissement personnel peut donc être plus intense, au contraire d’ailleurs de l’investissement financier. Sur le plan financier, la jeunesse est à la fois un avantage et un frein. Un avantage, parce que les enjeux sont moindres : avec peu de mise de départ, les risques sont réduits. Mais c’est aussi un frein, parce que cette mise inexistante ou réduite implique un indispensable passage à la banque. Concrètement, plutôt que de risquer un capital existant, le pari est fait sur un capital possible, en espérant pouvoir l’amortir, et le dépasser. Autrement dit, une hypothèque sur le futur. 

Comment dépasser la peur de l’échec ?

Entreprendre, c’est se confronter à ses capacités, mais aussi à ses limites. Sans patron pour nous évaluer, la qualité de son travail se mesure en partie aux résultats obtenus. Mais pas uniquement. La chance et la malchance sont des facteurs à prendre en compte. Les échecs sont parfois inévitables. Et c’est la relation qu’entretient l’entrepreneur avec sa peur de l’échec, mais aussi sa résilience et sa capacité de rebond qui peuvent déterminer la réussite ou non de son projet. Est-on plus apte à dépasser sa peur de l’échec quand on a moins de 30 ans ? Oui et non. Avec un peu moins d’expérience vécue, il est difficile de se projeter au-delà de l’échec, et donc de le dépasser. La perspective de l’échec peut donc être envahissante au point d’handicaper le travail. C’est alors la combativité et la motivation qui permettent de dépasser une possible tétanie. Le désir de réussir doit dépasser la peur d’échouer. Le désir de réussir doit pousser au travail, à l’acribie, et à l’audace. 

Entreprendre, c’est un sport de combat, qui demande abnégation, travail, réactivité et endurance. Des qualités qu’on retrouve régulièrement chez les jeunes. 

Crédibilité

Un des points essentiels de l’entrepreneur jeune est de paraître crédible auprès de ses interlocuteurs, qu’ils soient des prospects, des clients, des investisseurs ou des prestataires. Pas de secrets, le rôle de l’apparence est primordial. Au moins aussi important que la maîtrise du sujet. Vêtements, poignée de main, coiffure, ton de la voix, adaptabilité aux codes de l’interlocuteur. Être entrepreneur, c’est parfois entrer dans un moule, adopter une apparence et des codes, pour peut-être mieux en sortir plus tard. Car l’entrepreneuriat permet bien plus de liberté, de créativité et de prise sur le monde qu’un CDI.

Contrairement à ce qui est souvent pensé, en France, pays réputé conservateur, être jeune et entreprendre n’est plus mal vu. Les mentalités ont énormément changé ces dernières années et les réussites des trentenaires (le chef Thibault Spiwack en a 33, Séverine Grégoire et Chloé Ramade de Monshowroom en ont 32). D’ailleurs, les fondateurs d’O’Petits Soins n’ont rencontré que bienveillance et encouragement de la part de partenaires plus expérimentés. 

Jeune, l’attrait de la sécurité, de la stabilité, le prestige, aussi, parfois, d’une carrière dans une boîte, en CDI, peut souvent faire pencher la balance en faveur de ce cadre. Pourtant, l’entrepreneuriat séduit de plus en plus de jeunes. Moins contraignant, plus libérateur, et plus risqué, il permet de tracer un chemin, d’avoir un impact direct sur son secteur, plutôt que de suivre une voie tracée par d’autres. 

Bien sûr, il n’y a pas d’âge pour entreprendre. On peut être un excellent entrepreneur après avoir eu une belle carrière, à l’entrée de la vie active, à la suite d’un licenciement, après une remise en question, ou par conviction. On peut entreprendre dans presque tous les domaines. Ce n’est pas un chemin facile, mais c’est une aventure. Celle que nous avons choisie, et que nous ne regrettons pour rien au monde.